Un séjour baleines et planctons, ça vous dit? Nous, on le découvre et il nous émerveille chaque jour. De façon quotidienne, sur un voilier, nous observons l’impressionnante vie marine des eaux glacées du St-Laurent. Celles-ci nous mènent à découvrir des bélugas téméraires, des phoques curieux et des rorquals voyageurs, tous plus beaux les uns que les autres. Comme toute expérience de groupe, ce type d’aventure exige une période d’ajustement. L’équipage du Roter Sand, lui, sait rapidement mettre en place une dynamique rassembleuse.

 

 

C’est d’abord à Québec que les matelots en herbe se rencontrent. Nous avons rapidement pris conscience de l’écart de générations. En effet, le nouvel équipage du Roter Sand fait place à 10 nouveaux membres âgés de 17 à 72 ans. C’est ensuite sous un bombardement d’oranges que nous avons appris à nous connaître. À travers nos fous rires, ce jeu nous a amenés à apprendre les noms de chacun et à laisser notre gêne sur terre. La vie de groupe s’est installée dès le premier déjeuner; une tradition quotidienne sur le bateau veut que tous partagent le repas autour de la grande table. Affamés et parfois ébranlés par la mer agitée, nous savons apprécier les repas savoureux préparés par chacun des membres de l’équipe. De plus, le partage des tâches rend la vie à bord plus facile, quoique le travail ne soit pas si exhaustif (nous nous ramassons bien, tout de même).

À travers ces dix journées, les membres de l’équipage ont su nous transmettre beaucoup d’informations sur les rudiments de la voile. En commençant par les règles de sécurité, la manipulation des cordages, les activités de nœuds, les allures, les amures, les techniques de repérage sur cartes; il y a toujours quelque chose de plus à apprendre sur le voilier! D’ailleurs, l’orange est un outil de choix pour l’équipage lors des explications complexes de la cartographie. Celle-ci aide bien à représenter l’inclinaison de la Terre. Aussi, l’utilisation du système VHF reste un moment mémorable pour tous qui en dit long sur les difficultés qu’apportent la collaboration et la communication. L’idée de reproduire un montage, en équipe,  grâce à des consignes données par une autre équipe à distance a permis de comprendre les difficultés de la correspondance par radio. Parlant de communication, il est important de savoir que les termes à bord portent à confusion, surtout lorsque vient le temps de hisser le foc… Imaginez la confusion lorsqu’on voit l’animal marin du même nom dans les eaux avant du bateau!

 

 

 

 

 

Le St-Laurent est réputé pour accueillir treize espèces de mammifères marins et d’innombrables variétés de plancton (découvrez le plancton observé pendant le séjour dans les articles qui suivront). Dès le premier jour, nous attendions impatiemment notre première baleine. L’attente fut longue, mais celle-ci aura valu le coup, car c’est à Tadoussac que nous les avons vues de près pour la première fois. Le marsouin, le petit rorqual et le béluga ont été observés le plus souvent par l’équipage et ce, avec des yeux d’enfants. Les rivages du fleuve sont également source de ravissement. Que ce soit dans le fjord du Saguenay, à Havre Colombier, à la batture des Mille Vaches ou bien aux îles du Bic, chaque mouillage a su nous charmer par son calme et son intimité.

Naturellement, comme le jour est à la voile, le soir est à la science. Les deux microscopes sont toujours populaires auprès des fiévreux amateurs de plancton. Ce sont de belles découvertes qui savent nous en mettre plein la vue. D’ailleurs, c’est grâce aux nombreux savoirs transmis par notre biologiste en chef, Gabrielle Nadaï, que nous sommes en mesure de mettre un nom sur ces petites bêtes microscopiques. Étonnant de savoir que ce sont ces petits organismes qui nourrissent d’aussi grosses baleines!

Que ce soit la faute du soleil, de la pluie ou de l’air froid, vous vous douterez bien que la vie sur l’eau nous épuise. Les soirées nous permettent d’abord de nous reposer, tout en vivant de beaux moments. Nous gardons tous d’agréables souvenirs du feu de joie à la marina de Tadoussac, des étoiles filantes à la batture aux Mille Vaches et des longues discussions entre les membres de l’équipe. C’est d’ailleurs au souper que le capitaine fait le point sur les attentes et les apprentissages de chacun. Somme toute, ces discussions permettent de tirer la conclusion qu’une telle expérience ne s’oubliera pas de sitôt et nous en sortirons tous grandis.

 

Laurianne Brouillard – Michelle Pelletier

11 août 2017