Le matin de notre cinquième journée complète à bord du Roter Sand a commencé avec une compétition de celui ou celle ayant les cheveux les plus gras, ainsi qu’avec une énumération de techniques alternatives à la douche, telles le shampoing sec et la fécule de maïs. Nous avons ensuite eu droit à une présentation donnée par un des membres de l’équipage, Alexis, dont l’objet était la différence entre mouiller (jeter l’ancre) et amarrer (se fixer à un quai). Cela a été bénéfique, puisque bien que nous fûmes experts avec l’ancre, nous n’avions jamais amarré. Nous avons donc fait un arrêt au port de Forestville, dans le but de remplir nos réserves de propane et d’eau douce, quelques centaines de mètres de l’endroit où nous avions passé la nuit. Cette opération a duré quelques heures, nous permettant d’exercer nos talents de communication et de tester notre patience, à l’aide d’un jeu séparant deux équipes qui tentaient de construire une maquette identique, mais ne pouvant communiquer qu’à l’aide de talkie-walkie légèrement défectueux. Pendant ce temps, nous avons suivi une diète aux biscuits sodas, mais le dîner ne s’est pas fait attendre très longtemps : des fajitas. Miam !

Puis, certains ont décidé de perdre les calories récemment gagnées en dansant sur plusieurs chansons thèmes comme Cha Cha Slide et Let’s Go Girl, alors que d’autres ont décidé de faire leur work out en faisant la sieste sur le pont pendant qu’il faisait encore beau et chaud. Même Hannah a enlevé son manteau : un miracle ! Mais ce n’est que lorsque nous avons réellement levé les voiles que les matelots ont décidé de s’activer.

Nous avons fait une mutinerie, chose que Sylvain attendait dès le début du voyage, et avons essayé de mener le voilier à bon port sous les ordres du Capitaine Catherine. Arrivés au Havre Colombien, nous nous sommes rendus sur la plage où les crabes pondent, et nous sommes empressés de partir un feu. Celui-ci nous a servi de feu de camp autour duquel nous avons cuit des saucisses comme des guimauves, joué à des jeux et chanté des chansons, accompagnés par Alexis. Alors que nous passons des heures dehors sur le pont ou sur la plage à scruter le large, ou à se coller dans le froid autour du feu, il nous semble que nous sommes très loin de nos vies urbaines ; loin des distractions, du temps compté et d’une sorte de solitude.

 

Texte rédigé par Emma-Maria Phillips dans le cadre du Défi environnement du Cégep Édouard Montpetit 2018